Le culte des saints

Notre-Dame d'Etang, plus grand reliquaire de Bourgogne

Extrait du livre de l'Abbé Javel sur l'histoire de ND d'Etang

[...] La sainte Vierge ne se montre-t-elle pas, surtout dans les lieux qu’elle choisit pour être le théâtre de ses faveurs, la plus puissante ressource de tous les esclaves du péché, le port assuré de tous ceux qui ont fait naufrage dans la foi. Le pécheur, fût-il le rebut du monde entier, ne lui inspire pas d’horreur, mais elle jette sur lui des yeux pleins de tendresse et de miséricorde ; elle ne le quitte pas qu’elle ne l’ait réconcilié avec son juge. Vous êtes, ô Marie, le refuge des pécheurs ! Pour reconnaître ces augustes prérogatives de la Mère de Dieu, et montrer que c’est aux pieds de Notre-Dame-d’Etang que se brisent les dures chaînes du péché, Sa Sainteté confie aux religieux minimes le pouvoir d’absoudre les péchés réservés aux Evêques et au Pape lui même et leur concède le droit de délivrer les pécheurs repentants des liens de l’interdit, de l’excommunication, des censures et des autres peines portées par l’Eglise contre les grands criminels. Ainsi dans ce sanctuaire, tandis que l’intervention de Marie, médiatrice du ciel et de la terre, obtient la guérison du corps et le soulagement des douleurs, sa clémence se déploie davantage encore pour la guérison des âmes et ramène à Dieu les pécheurs égarés.



Porte de la chapelle latérale contenant les reliques

A toutes ces faveurs, le Souverain Pontife veut en ajouter une autre, toujours si appréciée dans les temps de foi et qui montre son estime et sa vénération pour Notre-Dame-d’Etang. Il fait extraire des catacombes de Saint-Calixte des ossements de plusieurs martyrs, entre autres des saints Faustinus, Lucidus, Tranquillus, Félix, Fabius, Artemius, Léontius, etc., et les envoie à l’église de Notre-Dame-d’Etang. Plus grand reliquaire de Bourgogne Ce nouveau trésor augmente encore la gloire du pèlerinage, et donne un nouvel attrait à la piété des fidèles. Cette faveur d’Urbain VIII en attira d’autres du même genre à Notre-Dame-d’Etang. Les religieux de Saint-Bénigne, ceux de Notre-Dame de Labussière, de Saint-Martin d’Autun, dans leur élan d’amour pour la sainte Vierge, demandent au Père abbé Nicolas de Castille, qu’il leur permette de partager avec Notre-Dame-d’Etang les précieux trésors de reliques qu’ils possèdent dans leur église respective. Dès l’année 1639, ce sanctuaire se trouve en possession des parcelles d’ossements des saints Mathieu, Laurent, Polycarpe, Bénigne, Blaise, Valentin, Hilaire, Théodore, Antide, Symphorien, Georges, Maurice, Martin, Nicolas, Basile, Antoine, Eugubien, sainte Marie-Madeleine, sainte Colombe, etc. Il devient le grand reliquaire de la contrée. Ces saintes reliques étaient là, groupées autour de l’image miraculeuse de Notre-Dame-d’Etang comme pour former son cortége d’honneur et proclamer que si la sainte Vierge se montre dans ce lieu béni le secours des chrétiens, la consolation des affligés, le refuge des pécheurs, elle est aussi la reine des martyrs.